Arts

Le monde selon Marianne

Jusqu’au 12 octobre, les créatures oniriques de Marianne Chevalier, étudiante à la maîtrise en arts visuels, s’ébattent sur les murs de la Galerie des arts visuels.

Par : Pascale Guéricolas
Une sauterelle sautillante sort d’une tête en forme de casserole sous l’œil indifférent d’un poisson qui n’en finit plus de recracher une fleur à proximité d’une bouche humaine sur roues. Bizarre, dites-vous? Non, surréaliste, réplique Marianne Chevalier qui présente son drôle de bestiaire dans son exposition de fin de maîtrise, Corneille craquelée.  Si la pièce de résistance consiste en un livre-accordéon de 20 mètres de long posé sur une tablette et rempli de créatures étranges, l’artiste présente aussi des portraits colorés de «bibittes» ainsi qu’une animation en image projetée au mur. «C’est vraiment un univers imaginaire, explique en souriant cette graphiste de formation. Je m’intéresse beaucoup à la Renaissance, au Moyen-Âge, aux gravures anciennes et, durant ma maîtrise, j’ai découvert aussi que ces créations pouvaient se rapprocher du mouvement surréaliste, en particulier de Max Ernst et d’André Breton.»
   
Comme ce groupe d’artistes renommé, Marianne Chevalier  a pratiqué l’écriture automatique en laissant le flot des phrases couler sur le papier sans aucune censure ni réflexion consciente. Ce texte accompagne des images en noir et blanc de créatures qui n'ont aucun lien entre eux. À contempler les pages du livre étalé, certains éléments connus apparaissent, comme une queue de dragon, un pied, un visage et même… une passoire à spaghetti! Le jeu du découpage, de l’agrandissement et du collage permet par contre de s’éloigner de la réalité brute pour faire basculer les images dans un autre monde. Éprise des reproductions tirées de vieilles encyclopédies comme celle de Diderot et d’Alembert, l’artiste prend un malin plaisir à grossir démesurément le détail d'une gravure, à le découper puis à recourir à la sérigraphie pour lui donner une toute nouvelle apparence qui ne ressemble nullement à l’animal de départ. Certaines de ses créatures font l'objet de portraits traversés par des bulles de couleurs acides; un clin d’œil de leur créatrice bien décidée à bousculer les repères de son public! La galerie est située à l'édifice de la Fabrique, au 255 boul. Charest Est, et est ouverte de 12 h à 17 h tous les jours jusqu'au 12 octobre, dernier jour de l'exposition.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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