Arts

Le monde du silence

Les photos de Stéphane Lalonde tentent de percer la réalité des enfants sourds

Par : Renée Larochelle
«Tous les jours de leur vie, les enfants sourds ont à faire comprendre aux autres personnes qu’ils sont atteints de surdité, dit Stéphane Lalonde. Cela représente un défi pour eux. Ils vivent évidemment une certaine solitude à cause de leur état mais en même temps, on doit comprendre que leur univers est seulement différent du nôtre et qu’ils ont leur monde à eux. C’est ce monde qui me fascine.»
   
Bachelier en linguistique et étudiant à la maîtrise en orthophonie, Stéphane Lalonde est un passionné du langage et de ses mécanismes. Il s’intéresse aussi à la photo depuis des années, ayant complété un diplôme d’études collégiales dans le domaine. Avec «Passage», une exposition de photographies qu’il présente jusqu’au 26 septembre à la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins, le linguiste fait en quelque sorte le pont entre ses deux passions: la science du langage et la photographie. Ce mélange des genres donne une exposition qui permet de saisir la réalité de la vie de des enfants sourds porteurs d’implants cochléaires. «L’implant est une prothèse auditive composée d’un récepteur et d’un fil muni d’électrodes, explique Stéphane Lalonde. Grâce à ce fil conducteur, l’enfant peut entendre des sons et compléter le sens des mots en lisant sur les lèvres de la personne qui parle.»

Noirceur et brouillard
Présentant dix diptyques littéralement suspendus dans l’espace, Stéphane Lalonde propose  un parcours en noir et blanc, fruit d’une année de recherche et de création sur l’acquisition et la représentation du langage oral chez ces enfants. Ici, c’est une petite main appuyée sur la fenêtre d’un immeuble, à côté de laquelle figure un implant cochléaire lui-même relié à l’oreille de l’enfant. Pour accéder au monde extérieur, représenté par la fenêtre, l’enfant a ainsi besoin d’un cordon ombilical le reliant aux sons et au monde. Là, c’est un œil largement ouvert sur la forêt lointaine et silencieuse, en quête d’images; là encore, c’est l’attente face à la rue déserte et au trottoir traversé d’ondes sonores. Toujours cette noirceur et ce brouillard qui brouillent les pistes et qui font que le sens se noie souvent dans la coulée des sons. Dans certains diptyques, Stéphane Lalonde a intégré des modèles cognitifs proposés par des chercheurs en linguistique et en psychologie cognitive, question de mettre un peu de théorie dans ce qu’il considère comme une application très concrète de ses recherches.

«Tout au cours de mon baccalauréat en sciences du langage, j’avais en tête ce projet de tenter de montrer l’acquisition et la représentation du langage chez l’enfant porteur d’implants cochléaires, souligne Stéphane Lalonde. Je sais que certaines personnes pourront s’interroger sur le sens à donner à mes photos mais je les invite à se laisser aller, tout simplement.» 

Le vernissage aura lieu en présence de l’artiste le jeudi 18 septembre, à 17 h.  Les heures d’ouverture de la salle d’exposition du pavillon Alphonse-Desjardins sont de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi, et de 11 h à 17 h, le samedi et le dimanche.     

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