Arts

Le cirque des insoumis

L’Atelier de marionnettes des étudiants en théâtre donne un vigoureux coup de balai dans l’univers des contes traditionnels

Par : Pascale Guéricolas
Il suffit de lire quelques contes traditionnels pour comprendre que les principaux personnages n’en finissent plus de subir les événements. Cendrillon tombe toujours sous le charme de son prince et Barbe bleue tue systématiquement ses épouses trop curieuses. Une trentaine d’étudiants en théâtre de la Faculté des lettres, sous la direction du professeur Puma Freytag, ont décidé de passer à l’attaque avec leur spectacle de marionnettes Il était une fois…le cirque Splendini en permettant à Peau d’âne, au Petit Chaperon rouge, à la Belle au bois dormant et autres figures populaires soumises de prendre enfin leur destin en main. Une liberté à conquérir qui passe par un numéro monté pour le cirque Splendini.

Voilà donc le Chaperon rouge, revêtu d’un chandail où s’étale le logo d’un loup barré, tentant de faire passer la chèvre de monsieur Seguin dans un cercle de feu tandis que les princesses somnambules, à savoir la Belle au bois dormant et Cendrillon, risquent une promenade sur un fil de fer. Le tout sous la baguette de Monsieur Loyal, qui a perdu ses principales vedettes lorsque Barbe bleue a fait son apparition avec son chien monstrueux. «Même s’il s’agit de marionnettes, le spectacle s’adresse surtout à un public adulte», souligne Dominick Robert-Nadeau, étudiant en troisième année de théâtre. «Je ne pense pas que les enfants saisiraient clairement une des idées importantes du spectacle, à savoir que les princesses veulent se libérer, et que le loup ne représente pas qu’un animal», renchérit Marie-Pier Darveau, inscrite dans le même programme.

Des mythes universels
Il était une fois… le cirque Splendini constitue pour la trentaine d’étudiants inscrits au baccalauréat en théâtre, l’aboutissement d’un travail sur le conte mené durant la dernière session d'automne. Sous la direction de la professeure Denyse Noreau, qui a écrit le spectacle, ils ont pris conscience du sens caché et surtout de l’existence de très nombreuses versions des contes. En lisant des psychanalystes et des historiens, ils ont compris que certaines figures mythiques comme Cendrillon ont plusieurs milliers d’années derrière le diadème, et que plusieurs cultures se les approprient.

«La place inférieure qu’occupe la femme dans ces contes m’a frappée, remarque Marie-Pier Darveau, qui manipule la chèvre de monsieur Seguin. La menace du loup dans la forêt sert souvent à empêcher les personnages féminins d’agir.» De son côté, Dominick Robert-Nadeau remarque que les morales varient selon les cultures puisqu’en Sibérie, c’est une épouse qui tue ses maris trop curieux. Qu’ils viennent de Chine, de Sibérie, ou des frères Grimm, ces contes sont bien loin des dessins animés de Walt Disney, constate Raphaëlle Savard, elle aussi en troisième année de théâtre. «Dans les contes, l’histoire finit rarement bien, et la morale s’adresse bien plus aux adultes qu’aux enfants.»

Il a fallu que tout le monde mette la main à la pâte pour que le cirque Splendini prenne vie sur scène. Par petites équipes, les étudiants ont conçu et fabriqué les marionnettes en utilisant les différents types de manipulation. La marionnette du Petit Chaperon rouge, par exemple, s’enfile dans une main et requiert deux personnes pour la faire bouger, sa compagne la chèvre étant montée sur tiges. Monsieur Loyal est une marionnette habitée, puisque le manipulateur, tout de noir vêtu, lui prête ses jambes et tient sa tête devant lui. Le spectacle peut aussi compter sur un accompagnement musical, spécialement créé par la professeure à la Faculté de musique Chantal Masson-Bourque. Des étudiants en opéra interprètent cette composition, avec le soutien d’étudiants de la Faculté de musique au tuba, à la flûte et au violoncelle. Le grand méchant loup n’a qu’à bien se tenir!

Les représentations auront lieu au LANTISS, situé au local 3655 du pavillon Louis-Jacques-Casault, les 15, 16 et 17 janvier. Le spectacle commencera à 20 h vendredi et samedi, et à 15 h dimanche. Les billets sont maintenant disponibles au coût de 6 $. Pour vous procurer des billets, veuillez communiquer avec l’équipe de production à l’adresse suivante: cirquesplendini@gmail.com.

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