Arts

L'âme des Amériques

La Faculté de musique fait équipe avec le Musée de la civilisation pour une exposition majeure sur le riff

Par : Renée Larochelle
Depuis le 2 juin, une exposition très spéciale est présentée au Musée de la civilisation. À lui seul, le titre de l’exposition sonne déjà comme une promesse de plaisir, donnant le ton à un événement qui risque de faire courir les foules jusqu’en mars prochain. Il s’agit de RIFF. Quand l’Afrique fait vibrer les Amériques. Une équipe de la Faculté de musique est responsable de la conception de l’exposition et de celle de toutes les bandes sonores originales qui y figurent. Cette équipe est principalement composée de Gérald Côté, professeur invité à la Faculté, de Catherine Lefrançois, doctorante en musique, et de Serge Lacasse, professeur agrégé.

«C’est une très grosse exposition et nous sommes très fiers du partenariat que nous avons établi avec le Musée», dit Serge Lacasse, qui a agi comme conseiller scientifique dès l’été 2009. «Les gens ne le savent pas toujours, explique le musicologue, mais presque toute la musique populaire dérive de la musique africaine, que ce soit par les rythmes, les riffs ou la notion d’improvisation.» 

Le bon code
Arrivés d’Afrique au début du 17e siècle, les premiers esclaves ayant mis les pieds en Amérique ont apporté avec eux leurs rituels, leurs musiques et leurs danses. Du negro spiritual à la techno en passant par le jazz, le rock, le be-bop, la salsa, le rap et le hip-hop, on retrouve un même code musical remontant à ces origines lointaines. Ce code, c’est le riff (abréviation en anglais de Rhythmic Figure).

Concrètement, le riff est une courte mélodie, jouée principalement à la guitare, qui se retient facilement et permet d'identifier immédiatement une chanson. En début de parcours, le visiteur peut suivre sur grand écran les principales composantes qui caractérisent toutes les musiques d’influence africaine: les riffs, la superposition de riffs et l’improvisation.

À travers cinq courts documentaires présentés comme une ligne de temps, il peut, à son aise, suivre l’évolution de la musique afro-américaine jusqu’à ses formes actuelles, des spirituals au rock des années 1960 à la musique afro-québécoise en passant par le jazz et la musique latine.

Du blues que les esclaves noirs chantaient dans les champs de coton pour se remonter le moral jusqu’à la dance music, la musique africaine aura ainsi connu des transformations fascinantes. «Même le disco découle de la musique africaine, c’est tout dire», rappelle Serge Lacasse.

Benny Goodman, Miles Davis, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Ray Charles, Elvis Presley, James Brown, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Stevie Wonder, Michael Jackson et même notre Dédé Fortin des Colocs: malgré des styles différents, le même sang circule dans les veines artistiques de tous ces chanteurs et chanteuses. On aura compris que l’exposition est un retour aux sources, une façon de se dire que rien ne se perd et que rien ne se crée, en même temps que tout reste à inventer.

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