Arts

La voix qui monte

Dotée d’un sens aigu de la note, la soprano colorature Mélissa Dubé parvient à des sommets de beauté avec une grâce toute naturelle

Par : Renée Larochelle
Radieuse et chaleureuse, elle a un je ne sais quoi de charmant et de doux qui fait qu’on a envie de mieux la connaître. Surtout, elle possède une voix magnifique qu’il est maintenant possible d’entendre sur disque. Bien qu’il s’agisse d’une seule chanson enregistrée à l’occasion du concours visant à doter le 400e anniversaire de Québec d’un indicatif musical, l’interprétation qu’en fait Mélissa Dubé donne vite des frissons à l’auditeur. Composée par Raymond Poulin et intitulée Québec chante, la chanson n’a pas été retenue officiellement, mais le disque en question est disponible chez Zone Université Laval. «Il fallait que ça s’écoute bien et que les gens retiennent facilement la mélodie et les paroles, et je crois que nous avons réussi», dit Mélissa Dubé, pour qui l’expérience ne constituait cependant pas une première. L’an passé en effet, cette finissante à la maîtrise en chant a été sélectionnée comme soliste par voie d’auditions lors de la 8e édition du Concours du disque des étudiants de la Faculté de musique. Sur ce disque, elle interprète deux airs du compositeur allemand Richard Strauss, son préféré entre tous. «La musique de Strauss est tellement belle et remplie de couleurs surprenantes, observe-t-elle. J’ai eu un véritable coup de cœur pour lui au début de mes études en chant à l’Université, il y a cinq ans. Et je l’apprécie toujours autant aujourd’hui.»

Tout un répertoire
Voilà une jeune femme qui avoue avoir commencé à écouter de la musique classique à 18 ans, alors qu’elle chantait déjà des airs d’opéra à 10 ans. Née sur une ferme laitière à Saint-Louis-du-Ha!Ha!, Mélissa aime bien chanter lors des fêtes de Noël avec sa famille. Encouragée par ses parents, elle décide de prendre des cours de chant et fait une rencontre décisive en la personne de Raymonde Leclerc, une enseignante en musique de son école qui la suivra de la sixième année du primaire jusqu'au cinquième secondaire. Liées par une amitié indéfectible, les deux femmes se voient encore aujourd’hui.
   
«Elle m’apprenait des airs de Schubert et de Gounod et aussi des chansons des cahiers de La Bonne Chanson de l’abbé Gadbois, raconte Mélissa Dubé. Au début, j’avais une certaine réticence à l'égard de ce répertoire, mais j’ai fini par me laisser prendre au jeu.» À part le chant classique, Mélissa possédait déjà à cet âge des goûts musicaux qui sortaient des sentiers battus. Lors des spectacles auxquels elle participe au secondaire, le public est d’ailleurs un peu surpris d’entendre cette belle fille qui a le béguin pour Édith Piaf et Charles Aznavour. C’est d’ailleurs avec un pot-pourri de chansons de la môme Piaf qu’elle remporte le concours Secondaire en spectacle en troisième secondaire. «Là, il s’est passé quelque chose, raconte-t-elle. J’ai décidé que le chant serait ma voie.» Quittant la campagne pour la ville, elle étudie en musique au Cégep de Sainte-Foy et passe haut la main les examens de l’École préparatoire de la Faculté de musique. Pendant ses études de baccalauréat, Mélissa écoute beaucoup, beaucoup de musique classique, suivant en cela les conseils du professeur Michel Ducharme qui devine le potentiel de cette jeune femme à l’allure timide. C’est lui qui découvrira qu’elle est soprano colorature, cette catégorie vocale caractérisée par une grande agilité de la voix et une capacité d’accéder à des notes très aiguës. On a pu entendre ses vocalises périlleuses lors du dernier spectacle de l’Atelier d’opéra, il y a quelques semaines au Théâtre de la cité universitaire, alors que la chanteuse s’était vue confier le rôle très exigeant de la méchante Reine de la Nuit, dans La Flûte enchantée de Mozart. Au programme, le contre-fa extrêmement difficile à chanter et sur lequel bien des chanteuses se cassent les dents. Pas de problème pour Mélissa qui réussit l’exercice sans aucune difficulté. 

Sortir de soi-même
«Je me considère très chanceuse d’avoir pu jouer ce rôle dans le “cocon” qu’est l’Université, explique Mélissa. L’intensité du personnage m’a fait avancer. J’ai dû sortir de moi-même pour répondre aux exigences du personnage et c’est une chose qui s’apprend. En fait, jamais je n’aurais pensé être aussi à l’aise dans mon corps comme je le suis aujourd’hui!» Que ce soit dans Alcina de Handel, où elle incarnait un petit garçon, ou dans Cendrillon de Massenet, où elle se transformait en fée, cette chanteuse de jazz à ses heures affirme que le fait d’avoir abordé ces personnages totalement différents les uns des autres l’ont énormément fait évoluer. Rêvant d’une belle carrière mais les deux pieds bien sur terre, Mélissa enseigne en ce moment le chant, essayant de transmettre à d’autres sa passion pour la musique. À moins de deux mois de terminer sa maîtrise, elle croit fermement en sa bonne étoile. «J’essaie de prendre ce que me donne la vie et d’en retirer le plus possible, souligne-t-elle. Je me dis toujours que ce n’est pas de trébucher sur une pierre qui est grave, mais de toujours buter sur la même.»

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