Arts

La technologie pour se ressourcer

Des étudiants en design ont mis sur pied un concept de bracelet et de couverture pour se reconnecter avec soi

La semaine dernière, Thomas Lemonde-Marzell, Audrey Drolet, Kim Lamontagne, Pablo Matos Da Silva et Marjorie Bédard étaient à Glasgow, en Écosse, pour présenter leur concept au ACM CHI, un événement d'importance en design d'interaction.
C'est connu: pour mieux connecter aux autres, il faut d'aborder être en connexion avec soi-même. Entre obligations professionnelles, vie familiale et activités sociales, comment faire une pause du quotidien pour se ressourcer? Cinq étudiants à la maîtrise en design, Thomas Lemonde-Marzell, Marjorie Bédard, Audrey Drolet, Pablo Matos Da Silva et Kim Lamontagne, proposent une solution originale: un bracelet qui permet de ressentir ses battements cardiaques.

Cet outil, qu'ils ont baptisé Sentiō, est associé à un autre objet, une couverture dans laquelle on peut s'envelopper et sentir son battement capté par le bracelet. «En se concentrant sur le corps, l'esprit cesse d'être tourmenté. Le bracelet et la couverture permettent de se concentrer sur le moment présent. Ils invitent à l'introspection, au ressourcement et à la pleine conscience», explique Kim Lamontagne.

Du 4 au 9 mai, son équipe était à Glasgow, en Écosse, pour participer au ACM CHI Conference on Human Factors in Computing Systems. Chaque année, ce grand rendez-vous du numérique réunit plusieurs chercheurs et professionnels d'un peu partout dans le monde. Facebook, Google et Microsoft, entre autres entreprises, sont associés à l'événement. Outre des conférences et diverses activités scientifiques, une compétition de design d'interaction permet à des étudiants de montrer les fruits de leur travail. Le thème de l'activité, cette année, était «Weaving the Threads within the Social Fabric», que l'on peut traduire par «tisser des relations sociales».

Avec leur concept, les étudiants de l'École de design ont voulu mettre la technologie au service du bien-être. «La technologie est souvent accusée de favoriser l'isolement. Nous avons voulu nous en servir pour proposer des produits qui permettent aux gens de se reconnecter à eux-mêmes pour ensuite être en mesure de mieux aller vers les autres. Le bracelet émet une légère luminosité lorsque la personne croise un autre utilisateur et que leurs battements cardiaques se synchronisent. On voulait faire part aux gens des moments de synchronie qu'ils ont entre eux, et ainsi créer une belle proximité et renforcer le tissu social au-delà de l'introspection que l'outil peut apporter», dit Kim Lamontagne.

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Pour produire leur concept, les étudiants ont mené des recherches sur le thème de la solitude volontaire. Ils ont notamment interviewé des adeptes de la méditation et des habitués des retraites spirituelles afin de comprendre ce qui les motive à s'isoler pour s'offrir une expérience de ressourcement. «On s'est rendu compte que plusieurs personnes ont honte de prendre un moment pour eux. Ils vont trouver des excuses auprès de leur entourage plutôt que d'assumer ce besoin. De là est venue notre idée d'amener les gens en quête d'isolement à se recentrer sur eux au quotidien», indique Kim Lamontagne.

Les 12 projets finalistes du ACM SIGCHI, choisis parmi plus de 90 propositions, ont été présentés à tour de rôle devant le jury. Pour les besoins du concours, les étudiants devaient produire une vidéo, créer une affiche, écrire un article de style scientifique et préparer un pitch, le tout en anglais. Les 4 équipes finalistes ont eu à présenter leur projet une seconde fois et les grands gagnants ont été dévoilés lors de la clôture de l'événement.

Bien que les représentants de l'Université Laval n'aient pas été sélectionnés pour la seconde phase du concours, leur expérience s'est avérée fort enrichissante. «Cet événement a été formateur en nous permettant de cumuler des connaissances sur divers sujets liés à l'interaction humain-machine, comme l'accessibilité, la réalité augmentée et les textiles intelligents. Par-dessus tout, le CHI a été une occasion incroyable d'échanger avec des chercheurs, des praticiens et des étudiants qui partagent une même passion pour ce domaine», conclut Kim Lamontagne.

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