Arts

Journal de route en temps de pandémie

Armé de son appareil photo, Renaud Philippe parcourt le Canada pour témoigner de la réalité d’un pays frappé par la crise du coronavirus

Par : Matthieu Dessureault
Une femme attend le tramway à Toronto.
Une femme attend le tramway à Toronto.

L’expression «une image vaut mille mots» prend tout son sens avec la série «Isolement – Journal de route en temps de pandémie», sur le site du journal Le Devoir. Au volant d’une voiture, Renaud Philippe traverse le Canada afin de témoigner de la réalité du pays en cette période de crise du coronavirus. Ses photos sont publiées au fur et à mesure de ses pérégrinations.

Villes fantômes, autoroutes vides, commerces fermés, sans-abris dans la rue: on peut y voir des scènes urbaines souvent surréelles. «Le projet vient d’une réflexion personnelle sur notre société en temps de crise. Entre les inégalités sociales, l’économie et l’interdépendance à la planète, il y a possibilité d’explorer beaucoup de sous-questions intéressantes avec le travail photographique, ce que je fais avec une grande liberté», dit-il à l’autre bout du fil.

Photojournaliste indépendant, Renaud Philippe est diplômé d’un baccalauréat en communication publique, option journalisme. Canadian Geographic, Maclean’s, Le Figaro, L’actualité et Le Soleil, entre autres médias, ont publié ses clichés, dont plusieurs lui ont valu des prix. Habitué de parcourir la planète, il a documenté des crises humanitaires aussi bien au Népal qu’en Haïti, en Inde, au Bangladesh, au Soudan du Sud et en Tunisie.

Pigiste pour Le Devoir, il était à Natashquan quand la pandémie a éclaté. Avec la fermeture des frontières, il a dû annuler un séjour au Brésil, où il devait réaliser un reportage. «J’ai proposé l’idée de porter un regard sur le Canada d’est en ouest en temps de crise. Je suis habitué de travailler en situation de crise, mais là, ça fait vraiment bizarre de voir le pays dans cet état. Partout dans les rues, l’ambiance est désertique. On sent un vide sonore. Tout le pays est sur pause.»

Au moment de notre entretien, Renaud Philippe quittait Winnipeg pour aller en Saskatchewan. Son objectif: atteindre Vancouver pour ensuite revenir à Québec par avion. Avec la situation qui évolue d’heure en heure, il laisse la porte ouverte à tout changement de plan. «Si je dois faire demi-tour, je vais le faire. S’il faut que je m’isole davantage dans mon auto, je suis prêt: j’ai de la nourriture, un brûleur, des masques N95 et le nécessaire pour dormir. Je me lave régulièrement les mains et je désinfecte mon volant, l’intérieur de ma voiture, mes équipements électroniques et même ma barbe!»

En plus de suivre les nouvelles en continu sur son téléphone, le photographe est en communication étroite avec la rédaction du journal. Il reçoit aussi des conseils et les recommandations d’un médecin spécialiste des épidémies. Chaque jour, il informe les membres de sa famille de son itinéraire et de l’évolution de son projet.

Il a même célébré son anniversaire sur la route, sa conjointe et ses deux enfants à l’autre bout du fil. «D’une certaine façon, ils sont habitués. L’an dernier, pour ma fête, j’étais au Népal. Cette fois, j’étais à Sault-Sainte-Marie. Je reçois le soutien et les encouragements de tous mes proches, qui comprennent les motivations derrière mes projets. J’ai la chance d’être bien entouré.»

Sur ce, Renaud Philippe met fin à l’interview. «J’ai une photo à prendre. Désolé. Je dois raccrocher!»

Découvrez ci-dessous quelques-unes de ses photos en cliquant sur les flèches.

Des gens attendent, maintenant deux mètres de distance entre eux, à une clinique de dépistage de la COVID-19 installée au centre-ville de Montréal.

En 2013, Contact, le magazine des diplômés de l’Université, consacrait un reportage au parcours de Renaud Philippe dans le milieu de la photographie documentaire. Relisez ce texte signé par la journaliste Pascale Guéricolas.

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