Arts

Histoire de peau

Avec Épidermes, la sociolinguiste Diane Vincent signe un polar à la fois léger et audacieux

Par : Renée Larochelle
Une femme junkie très amochée qu’on amène à l’urgence d’un hôpital avec un pénis humain dans la poche de son manteau, deux enquêteurs de police qui cherchent à retrouver le cadavre émasculé et à remonter jusqu’au meurtrier, un univers disjoncté où les corps musclés et à la chair bien huilée valent leur pesant d’or: voilà qui résume le polar intitulé Épidermes qui vient tout juste de paraître aux Éditions Triptyque et dont l’auteure est Diane Vincent, professeure de sociolinguistique au Département de langues, linguistique et traduction. «Avec les polars, c’est facile d’avoir un discours narratif et je sentais à l’aise avec cela», explique Diane Vincent, quand on lui demande d’expliquer son choix d’écrire un roman policier plutôt qu’un roman psychologique, par exemple. Et puis, c’est également ce que j’aime le plus lire.»

Ayant commencé l’écriture de son polar sans plan précis, Diane Vincent y est allée «à l’instinct», comme elle le souligne.  «Je connaissais mon point de départ, en l’occurrence, une femme qu’on découvre avec un pénis dans sa poche, dit-elle, et je désirais aussi explorer un univers qui m’était étranger, celui de la photographie. De fil en aiguille, l’histoire a pris corps.» Encouragée par les commentaires positifs des personnes à qui elle fait lire le manuscrit et qui trouvent ses personnages attachants et les dialogues vivants et intéressants, Diane Vincent décide d’aller de l’avant. 

Sexe et drogue
Ayant eu un coup de foudre amical et inconditionnel dès leur première rencontre, les deux personnages principaux du roman sont de sympathiques enquêteurs davantage doués pour la transparence que pour la manipulation. Le tandem est formé de Vincent Bastianello, lieutenant-détective dans la police de Montréal, 46 ans, et de Josette Marchand, son assistante, début cinquantaine, masseuse et fascinée par la peau. La photographe nippo-américaine Reiko Thompson, celle par qui le pénis arrive, pourrait-on dire, joue aussi un rôle de premier plan dans cette histoire plongeant le lecteur dans un monde de sexe et de drogue mais qui adopte un ton léger, l’auteure n’ayant pas voulu jouer la carte de l’univers trash avec des personnages sombres et torturés.

Spécialiste des interdits langagiers et du langage agressif, Diane Vincent s’est pourtant bien gardée de construire des dialogues au langage cru. «Cela aurait été de la parodie et je voulais vraiment sortir des sentiers battus de mes recherches, ce qui n’empêche pas le fait que certains passages du roman sont assez osés», convient-elle. En fait, Diane Vincent s’est laissée prendre au jeu de l’écriture de fiction et prépare déjà une suite à ce premier roman, avec en vedette Vincent Bastianello et Josette Marchand,  personnages avec lesquels elle affirme avoir développé des liens très forts.

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