Arts

Essais ludiques

Jusqu’au 3 février, une dizaine d’étudiants au baccalauréat en arts plastiques présentent leurs œuvres à la Galerie des arts visuels

Par : Pascale Guéricolas
Hasard de la création, plusieurs des étudiants inscrits au baccalauréat en arts plastiques qui ont soumis leurs œuvres pour la troisième édition du Banc d’essai placent l’humour, le jeu ou des éléments surprenants au centre de leurs préoccupations artistiques. Le résultat: une exposition qui se parcourt le sourire aux lèvres, ou l’œil en point d’interrogation pour mieux décoder les images offertes.
   
Dès l’entrée, le fauteuil lilliputien de Pierre-Luc Brouillette tourné vers le mur lance le bal. Épris d’architecture et de design, cet étudiant a pris un plaisir fou à travailler sur l’infiniment petit pour créer des objets hors normes, et les disséminer dans l’espace. «C’est l’intérieur des choses qui m’intéresse, raconte-t-il, l’idée que ce qui nous entoure au fond est factice.» Témoin cette petite cuisine, avec armoires et poêle en carton recyclé, qui prend une nouvelle dimension en se retrouvant au pied d’un immense pilier. Ou encore l’escalier en colimaçon haut d’une vingtaine de centimètres, construit sur mesure pour une souris désireuse de jaillir du mur. Pour plus de réalisme, et pour faire sourire, l’artiste a d’ailleurs percé la cloison en haut des petites marches en appliquant une petite moulure autour du trou.
   
Son collègue Hugo Nadeau croit aussi aux créations ludiques. Son installation composée de fils reliés à des marqueurs traverse la salle de part en part pour aboutir à une composition installée sur le mur opposé. Là, le visiteur peut s’emparer d’un crayon pour compléter un dessin, colorier un passage. L’œuvre de l’étudiant fait d’ailleurs un clin d’œil à la composition de sa voisine. Comment? Tout simplement en dessinant à sa façon les images de lichen qu’elle a savamment disposées sur le mur. Passionnée par les éléments naturels, Lisette Thibeault a choisi de regarder sous un nouvel angle ces mousses qu’elle ramasse dans la forêt. Elle a donc scanné sa propre récolte, ainsi que des échantillons venus du Nunavut ou d’ailleurs, empruntés à une collection du campus. L’artiste a ensuite agrandi ces images capturées sur fond noir jusqu’à ce que la réalité prenne une nouvelle tournure. «Les formes singulières m’attirent, raconte l’étudiante, les détails invisibles à l’œil nu.» Elle a traité certaines images en photogravure, accentuant encore l’aspect organique ou parfois même fantomatique de certains lichens, réunies sous un même titre: Constellation. Certains brins de mousse deviennent ainsi des personnages ou des arbres.
   
Bien campée près des fenêtres de la galerie, la sculpture en métal de Myriam Fauteux se joue des apparences. Selon l’endroit d’où on la contemple, les points de vue changent. La jeune fille, qui a découvert le métal en arrivant dans les ateliers de l’École des arts visuels, joue également sur l’opposition entre la lourdeur apparente du fil d’acier torsadé et la légèreté de la structure, tissée de façon assez lâche. À vous de vous laisser emporter par votre imagination pour y voir un moine sous son capuchon, une immense couette de cheveux ou une chaise invitante!
   
La Galerie des arts visuels est située au 255, boulevard Charest Est. Le local est ouvert du mercredi au vendredi de 11 h 30 à 16 h 30 ainsi que les samedis et dimanches de 13 h à 17 h.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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