Arts

Du nouveau dans le décor

Une équipe d’étudiants de l’École d’architecture propose une entrée en douceur dans Québec en réaménageant l’autoroute Laurentienne à l’échelle humaine

Par : Renée Larochelle
«L'aspect dont nous sommes le plus fiers est sans doute d'avoir apporté une vision humaniste à des lieux qui sont actuellement totalement déshumanisés», affirme Nicolas Labrie.
«L'aspect dont nous sommes le plus fiers est sans doute d'avoir apporté une vision humaniste à des lieux qui sont actuellement totalement déshumanisés», affirme Nicolas Labrie.
Demandez à une équipe de futurs architectes de concevoir un projet audacieux, axé sur la qualité de la vie sociale, la mobilité durable et le respect de l’environnement, le tout sans aucune contrainte budgétaire. Il y a fort à parier que le résultat sera fort intéressant. C’est l’expérience qu’ont vécue trois étudiants à la maîtrise de l’École d’architecture dans un cours de design urbain offert par la professeure Geneviève Vachon. Pour leur projet consacré au réaménagement de l’autoroute Laurentienne à Québec intitulé «La mémoire comme parasite de la décélération», Nicolas Labrie, André St-Pierre et Marie-Ève Pelletier ont remporté la mention «qualité architecturale» lors du Concours international d’art urbain 2010 qui a eu lieu à Paris en juin. Ce concours d’art urbain invite des équipes d’étudiants et d’enseignants provenant de diverses disciplines à effectuer des analyses concernant des problèmes urbains. Chaque équipe compare l’état existant avec l’état projeté et réalise un projet destiné à améliorer les conditions de vie des habitants.    
Une vision humaniste

«Avant sa construction, en 1963, l’autoroute Laurentienne traversait un territoire agricole qui reliait le centre-ville, les banlieues et les régions, explique Nicolas Labrie, porte-parole de l’équipe. Puis, l’autoroute s’est imposée assez brutalement dans le paysage. Par notre projet, nous avons voulu rappeler l’atmosphère d’autrefois, au temps où les choses se faisaient moins rapidement. En somme, nous avons voulu rendre l’utilisation de l’autoroute plus agréable et décongestionner le secteur.» Concrètement, le projet comprend une station intermodale environnée de  stationnements où les automobilistes pourront laisser leur voiture pour emprunter le transport en commun ou enfourcher un vélo pour se rendre en ville. Ceux qui arriveront à la station en autobus pourront attendre le tramway en circulant dans un espace couvert où pourront être aménagés épiceries et dépanneurs. Plus loin, sur l’autoroute, les étudiants ont prévu la construction «d’un échangeur dans l’échangeur», sorte d’immense abri où automobilistes et utilisateurs pourront patienter en attendant le prochain tramway. Enfin, les étudiants ont prévu l’installation d’un parc technologique, d’un pont vert (pour relier les quartiers entre eux), sans compter la présence d’éoliennes et de jardins communautaires. Tout cela vise à ralentir le voyageur sur sa lancée.

«L’aspect dont nous sommes le plus fiers est sans doute d’avoir apporté une vision humaniste à des lieux qui sont actuellement totalement déshumanisés, affirme Nicolas Labrie. Les automobilistes sont actuellement sur le pilote automatique et roulent à trop grande vitesse. En étant plus conscients de ce qui les entoure et en ayant la possibilité de faire des pauses, les gens seront peut-être enclins à ralentir. Les ingénieurs qui construisent les autoroutes travaillent avec la norme alors que nous, les architectes, nous travaillons avec l’humain.»

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