Arts

De la poésie dans les rues

C'est un petit escalier d'extérieur, tout ce qu'il y a de plus banal, ou presque, qui a inspiré l'auteure Sylvie Nicolas pour sa participation à la Promenade des écrivains

Par : Matthieu Dessureault
L'auteure des <em>Variations Burroughs</em> nous fait découvrir un petit escalier, qui l'a happée alors qu'elle flânait dans le quartier Limoilou.
L'auteure des <em>Variations Burroughs</em> nous fait découvrir un petit escalier, qui l'a happée alors qu'elle flânait dans le quartier Limoilou.
Sylvie Nicolas nous a donné rendez-vous derrière le café Les Colocs, à Limoilou. C'est ici que se trouve, coincé entre la façade du bâtiment et un garage, un escalier en bois. Défraîchi, il aurait besoin d'un bon coup de pinceau. «Cet escalier est spécial et pourtant, personne ne le remarque, souligne la doctorante en études littéraires. Quand je l'ai vu la première fois, je me suis écriée «wow!». Pas parce que je découvrais une architecture exceptionnelle, mais plutôt parce que l'escalier est particulier. J'aime les choses qui sont délaissées, exclues, laissées à l'abandon ou non désirées.»

Cet escalier fait partie des stations de la Promenade des écrivains. Présentée durant tout l'été, cette activité propose de parcourir des quartiers de Québec à travers les mots d'auteurs qui y ont vécu ou qui s'en sont inspirés. Le tout est lu par l'écrivaine et journaliste Marie-Ève Sévigny, qui anime les promenades. D'un lieu à l'autre, elle nous fait découvrir une ville réinventée, où la fiction s'allie au réel grâce à la magie de la littérature. De retour après un vif succès l'été dernier, le circuit Limoilou, quartier libre offre des récits inspirés de l'univers du chansonnier Sylvain Lelièvre, natif du quartier.

Sylvie Nicolas signe les textes avec François Blais, Nicolas Chalifour, Véronique Côté, Max Ferandon, Marie-Renée Lavoie, Anne-Marie Olivier et Michel Rivard. «Pour un auteur, ce type de projet est un cadeau! C'est rassurant de savoir que quelqu'un comme Marie-Ève Sévigny porte nos textes. Ayant beaucoup d'admiration pour son travail, je me sens complètement en confiance. C'est aussi un grand bonheur de savoir que nos mots continuent de voyager», dit celle qui mène une prolifique carrière d'écrivaine, de poète et de traductrice littéraire.

Intitulé Comme une enfant de Lascaux en référence à la chanson de Lelièvre, son récit raconte un chagrin d'amour. L'histoire se déroule en grande partie au pied de l'escalier, où la narratrice se remémore un premier baiser: «Ta main dans la mienne, mon hésitation à mettre le pied sur la première marche bancale, toi déjà sur la suivante m'invitant à franchir une sorte de passage des contes jusqu'à ce qu'on se retrouve contre la vieille porte et que tes lèvres s'emparent des miennes.»

Avec sa jolie plume, Sylvie Nicolas a profité de ce projet d'écriture pour extérioriser ses émotions. «Je venais de vivre une situation délicate et je n'arrivais pas à trouver les mots pour en parler. La situation s'est collée à cet escalier, qui me hantait depuis un bon moment. L'histoire a eu lieu dans le quartier, mais j'ai fait une condensation temporelle des éléments, en y intégrant une chanson de Lelièvre que j'aime beaucoup. C'est pourquoi on peut parler de vérité des choses, et non de réalité.»

Ce regard sur le quartier qu'elle nous offre, le célèbre chansonnier, décédé en 2002, grand amoureux de Limoilou, y serait certainement sensible.

L'activité a lieu tous les samedis, de 10h30 à 12h30, jusqu'au 30 juillet, et du 3 au 24 septembre. Le point de départ est la station de radio CKRL 89,1, au 405, 3e Avenue. Plus d'information.

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