Arts

Adaptation réussie

Branka Kopecki est titulaire du premier doctorat sur mesure en arts visuels

Par : Renée Larochelle
«En sciences, on comprend les choses et on les fait ensuite. Dans le domaine des arts, c’est le contraire: on fait les choses et on les comprend ensuite», dit Branka Kopecki, chargée d’enseignement à l’École des arts visuels et titulaire du premier doctorat sur mesure en arts visuels de l’Université Laval. Le doctorat sur mesure est destiné aux personnes qui possèdent une feuille de route exceptionnelle, tant sur le plan scolaire que professionnel. Et le parcours de Branka Kopecki est tout sauf ordinaire. Dans son cas en effet, l’expression «être bardé de diplômes» n’est nullement exagérée. Native de Sarajevo en ex-Yougoslavie, la jeune femme a quitté la Bosnie-Herzégovine en 1995 et a étudié en Italie avant de choisir le Québec comme pays d’adoption, avec en poche un baccalauréat en littérature comparée et une maîtrise en philosophie.

À son arrivée à l’Université Laval, elle s’oriente vers la création artistique, complétant coup sur coup un certificat en arts plastiques, un baccalauréat et une maîtrise en arts visuels. Voulant pousser au doctorat en arts visuels, elle se heurte à un mur, ce programme n’existant pas  à Laval. Ayant entendu parler du doctorat sur mesure offert par la Faculté des études supérieures et qui s’adresse spécifiquement aux étudiants ayant une formation multidisciplinaire, la jeune femme entreprend des démarches pour concrétiser sa volonté inébranlable d’aller toujours plus loin. Tant et si bien qu’en  décembre dernier, Branka Kopecki mettait le point final à sa thèse de doctorat intitulée «Un autre "vrai"  de la vérité. Crédibilité temporelle, visuelle et émotionnelle de la photographie et la nature tragique qui en résulte».           

Une pointe d’inquiétude
Dans cette recherche dirigée conjointement par David Naylor, professeur à l’École des arts visuels, et Elliott Moore, professeur associé en histoire de l’art au Département d’histoire, Branka Kopecki présente une réflexion sur le médium photographique, sur ses possibilités et ses limites. Croisant la photographie, la sculpture et la peinture avec la philosophie, la littérature et l’histoire de l’art, l’artiste veut combler l’écart entre le discours sur l’art et le discours de l’art lui-même. C’est en développant les trois paradoxes ontologiques de la photographie - temporel, visuel et émotionnel - qu’elle questionne, entre autres, la relation entre la fiction et la réalité et le rapport entre l’idée et le procédé technique employé dans le travail de création.

«Il existe encore beaucoup de préjugés face à la recherche en arts, commente  Branka Kopecki. Certaines personnes croient encore que c’est du domaine du superflu, que c’est inutile, en somme, que l’art ne devrait être qu’un loisir ou qu’un divertissement. Dans mon enseignement aux étudiants, j’essaie de pousser le processus de création au maximum. Je veux qu’ils se sentent concernés par ce qu’ils font, qu’ils soient constamment inquiets face à leur pratique artistique. Car pour avancer en art, il faut toujours avoir en soi une certaine pointe d’inquiétude.»

Soulignons que le processus visant à mettre sur pied un doctorat en arts visuels est amorcé entre la Faculté d’aménagement, architecture et arts visuels et la Faculté des études supérieures. Le projet devrait se concrétiser d’ici deux à trois ans. Par ailleurs, les personnes intéressées à avoir davantage de renseignements sur le programme de doctorat sur mesure à l’Université peuvent consulter le site www.fes.ulaval.ca.

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