Arts

100 titres

Jusqu’au 20 juin, les œuvres d’une quarantaine de finissants du baccalauréat en arts plastiques sont présentées à l’École des arts  visuels

Par : Pascale Guéricolas
Une ?uvre de Marie-Soleil Couture
Une ?uvre de Marie-Soleil Couture
D’entrée de jeu, l’immense figure de proue du navire en bois de Vincent Robitaille au mât incroyablement haut donne le ton, dans l’atrium de l’École des arts visuels. La cuvée 2010 des finissants en arts plastiques s’inscrit dans la démesure. Très peu d’œuvres minimalistes parmi la centaine de créations exposées. Beaucoup d’installations de grande dimension qui transforment les locaux de l’édifice de La Fabrique. Les bacheliers en arts plastiques semblent donc avoir profité de leur petit nombre cette année pour marquer les lieux de leur présence, sur le thème «100 titres».

Vincent Robitaille, un nomade épris de bois de grève, a installé son navire échoué comme une invitation au voyage. Lui, qui a vécu plusieurs années dans son camion, a construit une installation qui tient à la fois de la cabane aérienne cosy avec son divan confortable, ses plantes et ses rideaux déchirés comme voiles, et de l’apparition fantomatique créée par les planches usées de la structure. «La côte de baleine vient d’un terrain en Gaspésie, le mât était tombé sur ma voiture au chalet», confie le barbu rêveur. Au second étage, Jeffrey Poirier donne lui aussi dans les trois dimensions. Ses grandes structures noires en papier mâché jaillissent littéralement du mur, mélange inquiétant de formes organiques surmontées de constructions géométriques. Un peu comme si des créatures géantes avaient avalé des cubes et s’avançaient sur le plancher sombre.

À quelques salles de là, Frédérique Laliberté joue sur le sens de l’équilibre des visiteurs avec une installation où la paroi sur le côté se transforme en escalier tandis que le plancher devient le mur d’une habitation avec ses armoires et son écran de télévision. Juste en face, une collection de personnages de carton disposés en demi-lune surplombent un tapis de sol où l’on peut s’allonger. «Juste au-dessus se trouve une caméra qui vous filme sur le tapis, précise la finissante, l’image projetée donne l’impression qu’on marche sur le mur.» Autre salle, autre univers: Vanessa Ménard a joué avec du papier blanc et bleu pour nous transporter dans un intérieur douillet féminin des années 30, tapisserie comprise, où un mannequin supporte une robe bustier entièrement en carton imprimé. Sur les images du carton se décline en sépia bleu la vision d’une jeune femme, Sookie, imbue de sa toilette.

Marie-Soleil Couture, quant à elle, dessine des créatures animales plus inquiétantes. Sa grande toile colorée met en scène une femme-gazelle au visage dur, qui domine des lapins lubriques, mal en point. «La psychologie m’intéresse beaucoup, précise la finissante. Les humains, comme les animaux, sont guidés par leurs pulsions sexuelles, tout en étant déchirés par le côté émotionnel.» Les gravures sur bois de Catherine Ferland lui permettent aussi de créer un nouveau monde, stylet en main. Pendant des heures, elle a creusé une plaque en contre-plaqué en suivant une ligne au bout de sa main. Le résultat? Un réseau de nervures qui se déploient comme des vagues, des montagnes, l’écume sur la mer, fluides comme la vie. La promenade artistique à travers l’École des arts visuels offre aussi des vues sur des créations en fil de tissage, en photographies, en montages vidéo et sonores, en impressions de cartes topographiques. En fouillant à la cartothèque de l’Université, Marie-Fauve Bélanger a découvert des poignées d’îles dans l’Océanie dont elle a découpé le contour. «Je les regarde comme des roches qui tombent dans l’espace blanc», lâche la finissante.

On peut voir ces œuvres jusqu'au 20 juin, du mardi au dimanche de 12 h à 17 h, et jusqu’à 19 h les jeudis et vendredis, dans l'École des arts visuels, située au 295, boulevard Charest Est.

Université Laval

2325, rue de l'Université
Québec (Québec) G1V 0A6

Téléphone: 418 656-2131 1 877 785-2825

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