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12 janvier 2023

Forte présence de l’Université Laval dans le palmarès des découvertes de l’année de Québec Science

Des équipes de recherche de l’Université Laval ont contribué à 4 des 10 découvertes les plus importantes de l’année 2022

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Des équipes de recherche de l’Université Laval ont contribué à 4 des 10 découvertes les plus importantes de l’année 2022 selon le magazine de vulgarisation scientifique Québec Science. La mise au point d’un tube vivant capable de faire repousser des nerfs sectionnés, les raisons pour lesquelles la dépression affecte différemment les femmes et les hommes, le lien entre les habiletés en langue parlée à l’enfance et l’écriture à l’adolescence ainsi qu’une meilleure estimation du risque sismique dans l’estuaire du St-Laurent font partie des percées qui ont obtenu la faveur du jury composé d'une dizaine de scientifiques et de journalistes.

Un tube nerveux qui permet de faire repousser des nerfs sectionnés

Une équipe dirigée par François Berthod, professeur à la Faculté de médecine et chercheur au Centre de recherche en organogénèse expérimentale (LOEX) de l’Université Laval, a mis au point un tube nerveux vivant prévascularisé qui stimule et facilite la régénération de nerfs sectionnés. Contrairement aux conduits inertes existant déjà sur le marché qui sont faits de polymères, ce tube est fabriqué exclusivement à partir de cellules prélevées sur un échantillon de peau d’un patient, éliminant du même coup les risques associés à l’insertion d’un matériau étranger. Ce support vivant et prévascularisé est capable d’alimenter en oxygène et en nutriments les fibres nerveuses dans leur migration à partir d’une lésion jusqu’au muscle qu’elles doivent innerver. Des tests menés sur une lésion d’un nerf chez un modèle animal ont montré que ce tube vivant avait permis la reconnexion des fibres nerveuses et une récupération des fonctions motrices.

Pourquoi la dépression affecte différemment les femmes et les hommes

L’équipe dirigée par la professeure Caroline Ménard, de la Faculté de médecine et du centre de recherche CERVO, avait déjà montré dans des travaux antérieurs qu’un stress social prolongé réduit – chez des souris mâles – l’étanchéité de la barrière hématoencéphalique qui sépare le cerveau et la circulation sanguine périphérique. Cette altération se situe dans une région du cerveau appelée noyau accumbens responsable entre autres du contrôle des émotions. Les chercheurs avaient établi le même constat en examinant des cerveaux d’hommes atteints de dépression. En répétant cette expérience avec des souris femelles, la chercheuse et son équipe ont observé que les altérations de la barrière hématoencéphalique étaient cette fois localisées dans le cortex préfrontal, une région du cerveau impliquée notamment dans la régulation de l’humeur et l’anxiété. L’examen du cerveau de femmes atteintes de dépression a révélé des altérations dans cette même région alors que, chez les hommes, elle était demeurée intacte.

Les habiletés langagières des tout-petits peuvent permettre de prédire leurs habiletés d’écriture jusqu’à l’adolescence

La doctorante Sophie Aubé et les professeurs Michel Boivin et Ginette Dionne, de l’École de psychologie de l’Université Laval, ont découvert en collaboration avec leurs collègues de l’UQAM, de la TÉLUQ et de l’UdeM que les capacités langagières des tout-petits peuvent permettre de prédire non seulement leurs habiletés à lire à l’âge scolaire, mais aussi leurs habiletés à écrire à l’adolescence. En analysant les habiletés langagières de 316 paires de jumeaux à divers stades de développement, l’équipe de recherche est parvenue à prouver qu’une corrélation « modeste » mais bien réelle existe entre les habiletés en langue parlée à la petite-enfance et les habiletés en écriture à l’adolescence et que cette continuité est en partie due à des facteurs génétiques. Cette découverte souligne à quel point il est important que les interventions ciblant des jeunes avec des difficultés de langage tiennent aussi compte de cette prédisposition à développer des problèmes d’écriture.

Une meilleure connaissance du risque sismique dans l’estuaire du St-Laurent

Le professeur Patrick Lajeunesse, de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, et une équipe de l’UQAR dirigée par Guillaume St-Onge ont établi un portrait d’une précision inégalée de l’activité sismique dans l’estuaire du St-Laurent au cours des deux derniers millénaires. Après avoir analysé à l’aide de sondes sismiques le fond du fleuve entre Baie-Comeau et La Malbaie, les chercheurs ont prélevé des sédiments provenant de lieux où s’étaient produits des glissements de terrain au cours des siècles passés. La datation de ces prélèvements a permis aux chercheurs de déterminer que le fameux séisme de Charlevoix de 1663, d’une magnitude estimée à plus de 7, est le plus important à avoir frappé le Québec au cours des deux derniers millénaires. Les données recueillies permettent d’obtenir une meilleure connaissance du risque sismique de cette partie de l’estuaire, qui serait plus élevé que ce qui avait été estimé jusqu’à présent.