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Société

Présent.es: une série documentaire sur les relations intergénérationnelles 

Un projet de l'Université Laval mise sur quatre histoires inspirantes pour lutter contre l'âgisme dans la grande région de Québec 

Par : Alexandra Perron
Le Club des Grands Géocoucous, fièrement inclusif, prouve dans l'épisode 3 que le dépassement de soi et l’activité physique n’ont pas d’âge.
Le Club des Grands Géocoucous, fièrement inclusif, prouve dans l'épisode 3 que le dépassement de soi et l’activité physique n’ont pas d’âge.

«On veut devenir ces gens-là plus tard.» Ces mots sont ceux d'un jeune homme qui, le jeudi soir, rejoint ses compagnons de course, dont plusieurs aînés, dans les rues du Vieux-Québec. De les voir continuer et se dépasser, malgré les limitations qui viennent avec l'âge, est pour lui une source d'inspiration. 

Les coureurs est le troisième épisode d'une série documentaire sur les relations intergénérationnelles, lancée début octobre. Intitulée Présent.es, cette campagne de sensibilisation pour lutter contre l'âgisme s'inscrit dans l'Initiative pour l'inclusion sociale des personnes aînées: un enjeu collectif, un projet de l'Université Laval. 

«On espère inspirer les gens à se rencontrer, à se réunir, à se donner une chance l'un l'autre», indique Marie-Claude Savoie, coordonnatrice de la campagne et étudiante de deuxième cycle en communication publique.

«Souvent inconscient» 

Une personne sur deux dans le monde aurait des attitudes âgistes, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé. «C'est souvent inconscient, on se forme des stéréotypes sans s'en apercevoir», mentionne André Tourigny, responsable de l'Initiative et médecin clinicien enseignant agrégé à la Faculté de médecine. L'âgisme a des répercussions sur la santé physique et mentale des personnes âgées et représente un frein à l'inclusion sociale, poursuit-il.

Or, les activités intergénérationnelles font partie des stratégies qui réduisent les préjugés et contribuent à faire reculer ce phénomène, souligne le rapport de l'OMS, qu'a grandement consulté l'équipe de Présent.es.

Les quatre épisodes montrent non seulement que les aînés sont actifs et que les jeunes sont ouverts, mais qu'ils partagent des moments de plaisir autour d'intérêts communs: chorale urbaine, projet entrepreneurial ou construction d'un voilier en bois.

L'épisode 4 présente un duo mère-fille Wendat de la compagnie Onquata, deux générations de femmes qui ont mis à profit leur savoir-faire et leur amour pour la culture de leur communauté pour créer une entreprise.

«Un objectif dans la préparation de ce projet était de montrer qu'il n'y a pas juste une façon de vieillir. Le vieillissement, c'est multiple», souligne Marie-Claude Savoie.

«Ce sont des capsules de quelques minutes, mais on devine que les gens, particulièrement ceux qui font la construction du bateau, ont appris à se reconnaître des points communs. Il faut en développer, en faire davantage. Ça renforce le message qu'il faut un éventail assez diversifié d'activités intergénérationnelles pour rejoindre tous les goûts», poursuit André Tourigny.

L'épisode 2 fait une incursion dans l'atelier des Artisans du Saint-Laurent, un groupe composé d’aînés passionnés par la voile et de jeunes de Québec en réinsertion sur le marché du travail. Leur défi: construire un voilier en bois de A à Z.

Caméra bienveillante

Pour capter ces moments de complicité intergénérationnelle, l'équipe de Présent.es a choisi un artiste documentariste et réalisateur capable de transmettre l'authenticité, sans artifice. Elias Djemil-Matassov a cette approche douce et organique. «Quand on fait du documentaire avec des gens qui ne sont pas habitués à la caméra, l'idée est d'être le plus minimaliste possible au niveau de l'équipement et de l'équipe, dit-il. On prend le temps de discuter avec les gens, d'établir un lien de confiance, d'expliquer que c'est un espace bienveillant, qu'on est là en mode curiosité, on s'intéresse à ce qu'ils font.»

Défi de société

Ces exemples montrent la voie à suivre, alors que l'âgisme n'a certainement pas diminué avec la pandémie, estime André Tourigny, ajoutant qu'elle a mis le phénomène en évidence. «On parlait d'inconscience, c'était de bonnes intentions, on voulait protéger les personnes aînées vulnérables, on a pris toutes sortes de mesures. La leçon qu'il faut retenir, c'est que les personnes aînées se sont retrouvées en situation de vulnérabilité dans le cas de la COVID-19 à cause de leur système immunitaire, mais elles ne sont pas vulnérables dans toutes les situations qui se présentent dans leur vie.»


« On vieillit et on vieillit rapidement. Il faut donc s'adapter assez rapidement. Pour nous, ce n'est pas un problème, ce sont des défis. Il faut trouver des moyens pour que la société s'adapte aux personnes et pas l'inverse. »
André Tourigny

Ces enjeux touchent une bonne part de la population. Dans la grande région de Québec, on estime que la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus passera à 27%, soit plus du quart, en 2036. 

«Le Québec est caractérisé par un vieillissement rapide, compte tenu du très fort baby-boom d'après-guerre, plus marqué que dans les autres provinces, combiné à l'espérance de vie qui augmente et à la particularité du Québec d'avoir un faible taux de fécondité. On vieillit et on vieillit rapidement. Il faut donc s'adapter assez rapidement. Pour nous, ce n'est pas un problème, ce sont des défis. Il faut trouver des moyens pour que la société s'adapte aux personnes et pas l'inverse», conclut André Tourigny, codirecteur de l'Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l'Université Laval, qui soutient l'Initiative pour l'inclusion sociale des personnes aînées: un enjeu collectif.

Le projet est financé en partie par le gouvernement du Canada par le programme Nouveaux Horizons pour les aînés d'Emploi et Développement social Canada et par la Chaire de recherche sur le vieillissement de l'Université Laval.

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