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Pamphile Le May, Alfred Laliberté, Roger Lemelin et Jeanne Lapointe

Dans son projet de capsules vidéo historiques, la doctorante en histoire de l’art Claudie Maynard met en lumière des personnages emblématiques de la ville de Québec

Par : Yvon Larose
Les quatre premières vidéos historiques de l’<em>Album de famille</em> mettent l’accent sur Pamphile Le May, Alfred Laliberté, Roger Lemelin et Jeanne Lapointe. D’autres portraits pourraient suivre, notamment sur les écrivains Anne Hébert et Octave Crémazie.
Les quatre premières vidéos historiques de l’<em>Album de famille</em> mettent l’accent sur Pamphile Le May, Alfred Laliberté, Roger Lemelin et Jeanne Lapointe. D’autres portraits pourraient suivre, notamment sur les écrivains Anne Hébert et Octave Crémazie.

Québec, on le sait, est une ville d’histoire. Il n’y a qu’à voir les nombreuses plaques commémoratives, noms de rues et statues qu’elle possède pour s’en convaincre. Mais prenons-nous le temps de nous arrêter devant ces rappels du passé de notre ville? La doctorante en histoire de l’art Claudie Maynard soutient que non. C’est pour cette raison qu’elle a lancé le projet de capsules historiques Album de famille. Les quatre premières capsules ont été diffusées entre le 2 et le 21 juin sur la page Facebook de la Société historique de Québec.

«Ma réflexion de départ est venue des Muses, cette statue que je trouve exceptionnelle d’Alfred Laliberté située à place D’Youville, un endroit clé de la ville, raconte la doctorante. Cet artiste a vécu de 1877 à 1953. Je trouvais dommage que personne ne s’arrête pour regarder cette allégorie et se demander sa signification. De là ma réflexion à l’effet que les citoyens de la ville ont autour d’eux un tas de témoins de l’histoire mais que, par habitude, ils ne s’arrêtent pas pour en apprendre plus sur une œuvre d’art ou sur un personnage emblématique.»

L’écrivain Roger Lemelin, l’auteur des Plouffe, qui a vécu de 1919 à 1992, en est un exemple. La Ville a aménagé en son honneur une petite place avec une statue dans le quartier Saint-Sauveur où il a grandi et qu’il a dépeint dans ses romans. «Quand je me promène dans ce quartier, dit-elle, je marche dans les pas de l’écrivain. Mon objectif est que les citoyens découvrent ou redécouvrent ces témoins du passé qu’ils croisent sur leur chemin.»

Pour la réalisation de son projet, Claudie Maynard s’est adjoint les services de l’animateur 2D/3D Étienne Cardona-Plourde et du cinéaste David B. Ricard. Son financement est venu de Première Ovation et de SPIRA. La Ville de Québec, la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec, le Musée national des beaux-arts du Québec et les Archives de l’Université Laval, entre autres, ont contribué à sa réalisation documentaire et visuelle.

La première capsule est consacrée à l’écrivain Pamphile Le May, un des pionniers de la poésie québécoise et le premier directeur de la Bibliothèque de l’Assemblée législative. Celui-ci a vécu de 1837 à 1918. À sa retraite après 24 ans de bons et loyaux services, la Bibliothèque contenait plus de 33 000 livres. Depuis 1980, l’édifice qui abrite la Bibliothèque porte son nom.

«L’hôtel du Parlement de Québec sert de fil conducteur aux quatre personnages sélectionnés pour les capsules, explique Claudie Maynard. Sur la façade du bâtiment, on trouve six statues exécutées par Alfred Laliberté, dont celle du premier intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon. Dans les années 1960, la Commission Parent sur la réforme du système d’éducation québécois a siégé au Parlement. L’une de ses membres, Jeanne Lapointe, était professeure de littérature française et québécoise à l’Université Laval et critique littéraire. Dans ses archives, nous avons trouvé l’édition de 1952 d’Au pied de la Pente douce de Roger Lemelin. Ce livre contient une dédicace à Jeanne Lapointe: "elle qui a été le premier témoin, après ma femme, de l’enfantement de ce livre, et dont le jugement et l’amitié en permirent la mise au monde". Cette appréciation indique l’importance des critiques qu’elle faisait.»

Une impressionnante recherche

La durée des capsules historiques varie entre six et dix minutes. Les explications de Claudie Maynard, fruit d’une longue et patiente recherche, sont précises, claires, pertinentes. Le support visuel a, lui aussi, fait l’objet d’une recherche fouillée. Les photos d’époque abondent. Il y a aussi des dessins, des toiles, des séquences filmées à l’extérieur, des extraits d’anciennes émissions de télévision, d’anciens articles de journaux et même des animations. Des mouvements de caméra lents contribuent au dynamisme du montage.

À l’écoute des capsules, on apprend, entre autres, que Pamphile Le May a notamment publié Les Contes vrais, un recueil inspiré de l’âme populaire canadienne-française de son époque. Comme bibliothécaire, il fut le premier à ouvrir les portes de la Bibliothèque au grand public, et ce, contre l’avis des parlementaires. Dans les années 1930, le sculpteur Alfred Laliberté réalise un vaste projet personnel: celui d’immortaliser dans le bronze des statuettes sur la vie rurale d’autrefois, qu’il s’agisse des métiers, des coutumes, des croyances ou des légendes. Le gouvernement du Québec se porte acquéreur des 100 premières pièces qui serviront de base à un nouveau musée, l’ancêtre de l’actuel Musée national des beaux-arts du Québec.

La capsule consacrée à Roger Lemelin montre deux exemplaires du Carillon Sacré-Cœur, un drapeau populaire canadien-français créé au tout début du 20e siècle et précurseur du drapeau du Québec. Dans une scène de l’adaptation au cinéma du roman Les Plouffe, le Carillon Sacré-Cœur pavoise le parcours du cortège royal dans la basse-ville de Québec. On apprend également que le roman Au pied de la Pente douce s’est vendu à 40 000 exemplaires, et ce, malgré la mise à l’index rapide par le clergé. Cet ouvrage fait sortir la littérature québécoise de la campagne et remet en question l’esprit de paroisse canadien-français.

Quant à Jeanne Lapointe, cette féministe et intellectuelle engagée, qui a vécu de 1915 à 2006, fut une figure d’exception pour son époque. Après la Commission Parent, elle a siégé à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada. Jeanne Lapointe a joué un rôle majeur au sein de la Commission Parent. L’un des membres, le sociologue Guy Rocher, dira que «sans elle, le rapport Parent n’aurait eu ni le contenu, ni la qualité, ni la densité qui ont contribué à l’influence qu’il a exercée dès sa parution et jusqu’à ce jour».»

Visionner la capsule historique sur Pamphile Le May

Visionner la capsule historique sur Alfred Laliberté

Visionner la capsule historique sur Roger Lemelin

Visionner la capsule historique sur Jeanne Lapointe

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