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Vie universitaire

Les bornes de recharge pour véhicules électriques: un aperçu de l’avenir

Le président et chef de la direction de FLO – AddÉnergie s’est ouvert sur son parcours réussi de chef d’entreprise

Par : Yvon Larose
Louis Tremblay, diplômé de l’Université Laval et président et chef de la direction de FLO – AddÉnergie, s’est entretenu avec la rectrice Sophie d’Amours dans le cadre de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat de l’Université Laval.
Louis Tremblay, diplômé de l’Université Laval et président et chef de la direction de FLO – AddÉnergie, s’est entretenu avec la rectrice Sophie d’Amours dans le cadre de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat de l’Université Laval.

Le 24 juin dernier, le Service des transports de la ville de New York, la société américaine du secteur de l’énergie Consolidated Edison et la société québécoise FLO – AddÉnergie, un important réseau de recharge pour véhicules électriques et un fournisseur de logiciels et d’équipements de recharge intelligents de premier plan en Amérique du Nord, ont annoncé l’inauguration de la première d’une centaine de bornes de recharge en bordure de rue pour véhicules électriques à New York. Le 16 septembre, FLO – AddÉnergie annonçait une autre bonne nouvelle. La société fait maintenant partie d’une équipe bénéficiaire d’une subvention de la California Energy Commission dans le cadre d’un projet pilote novateur de recharge pour véhicules électriques dans le Grand Los Angeles.

«Nous sommes bien fiers de ces réalisations, mais ce n’est pas l’atteinte d’un sommet pour nous, explique le président et chef de la direction de FLO – AddÉnergie, Louis Tremblay. C’est davantage une étape dans notre développement. Je vise plus de sommets que ça.»

Le lundi 8 novembre, dans le cadre de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat de l’Université Laval, Louis Tremblay s’est entretenu avec la rectrice Sophie d’Amours à titre de président d’honneur de la Semaine. La rencontre s’est déroulée à l'amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins sur le thème «Entreprendre avec innovation, excellence et engagement».

L’entrepreneur de 38 ans a cofondé AddÉnergie en 2009 à Québec alors qu’il était inscrit à la maîtrise en génie électrique, concentration électronique de puissance à l’Université Laval. L’autre cofondateur était son confrère d’études Michaël Desjardins. Tous deux avaient précédemment obtenu un baccalauréat en génie électrique du même établissement d’enseignement. Tous deux avaient également un intérêt marqué pour l’alimentation en énergie des véhicules électriques. Rapidement, leur projet de recherche de maîtrise, encadré par le professeur Maxime Dubois, s’est transformé en projet d’affaires. Entrepreneuriat Laval et la société de valorisation SOVAR ont accompagné les deux étudiants dans leur projet.

«J’ai entrepris ma maîtrise en 2007, rappelle Louis Tremblay. Avant cela, je recherchais la bonne idée pour me lancer en affaires. C’est arrivé en 2004 avec le véhicule électrique. Je suis tombé en amour avec cette technologie à une époque où ce n'est pas tout le monde qui croyait au changement climatique. Cette situation m’inquiétait. Mon entreprise, je voulais qu’elle contribue à l’avancement de la société. Mon objectif consistait à travailler en fonction d’accélérer l’adoption du véhicule électrique et à créer un réseau de bornes de recharge qui permettrait aux conducteurs de se recharger à la maison, au travail, sur la route.»

Aujourd’hui, environ 3% du parc mondial de véhicules est constitué de véhicules électriques.

«Une fois à la maîtrise, poursuit-il, j’ai dit au professeur Dubois que je ne savais pas si j’allais terminer mes études. Mais ce qui était sûr, c’était que j’allais démarrer mon entreprise. En fin de compte, je n’ai pas terminé ma maîtrise. Ça a été quelques années clés. Je pouvais me documenter, assister à des conférences sur le véhicule électrique. J’ai pu me concentrer sur ce domaine et établir mon modèle d’affaires dans un contexte universitaire où tout était possible. En 2007, il n’y avait pas de véhicules électriques sur la route. Ils sont arrivés en 2010. Le premier véhicule électrique que j’ai conduit était de marque Mitsubishi. C’était en 2009.»

L’approche de Louis Tremblay se voulait rationnelle. Elle était calculée pour pouvoir avancer étape par étape. Des embûches, il y en a eu, davantage que des possibilités.

Un précurseur de la mobilité électrique

FLO – AddÉnergie est reconnue aujourd’hui comme un des précurseurs de la mobilité électrique au Canada. C’est également l’un des chefs de file nord-américains en solutions de recharge pour véhicules électriques. La conception et le développement de ses bornes de recharge et de ses logiciels de gestion se font dans les locaux de l’entreprise à Québec, tandis que l’assemblage se fait dans une usine située à Shawinigan. FLO – AddÉnergie compte environ 300 employés. C’est une entreprise verticalement intégrée.

«Notre réseau de 55 000 bornes de recharge vendues au Canada et aux États-Unis – et on en ajoute 2000 à 2500 chaque mois – est plus robuste que ceux de la majorité de nos concurrents, affirme l’entrepreneur. Dans nos produits, nous essayons de promouvoir les fabricants du Québec. Je pense à l’aluminium d’ici. Je pense aussi à nos circuits imprimés. Ils étaient fabriqués par Gentec, à Québec, en 2009. Ils le sont encore aujourd’hui.»

Selon lui, ces choix peuvent être en opposition avec le plan d’affaires, donc coûter un peu plus cher. «Nous, on se donne le défi de faire les choses comme ça, indique-t-il. Cette approche nous aide dans la façon dont on fait nos produits.»

Chez FLO – AddÉnergie, la culture d’entreprise est axée sur la qualité, donc sur la longue durée des produits. «Lorsqu’on sert nos clients, explique le président, on les sert pour le long terme. On le fait dans une perspective de développement durable. Nous pourrions faire des produits de moyenne qualité qu’il faudra changer aux deux ou trois ans. Nous, on a décidé de faire des produits qui allaient durer.»

Louis Tremblay insiste sur l’importance de bien s’entourer lorsqu’on fait des affaires. «À mes débuts, rappelle-t-il, j’ai eu la chance de bien m’entourer afin de bien canaliser les énergies. Parce qu’on a tendance à vouloir partir dans toutes les directions. Je dis probablement une fois toutes les deux semaines qu’on va vite quand on est tout seul, mais qu’on va loin lorsqu’on est ensemble. J’ai été chercher des appuis du monde des affaires. Des gens ont investi dans mon entreprise, d’autres ont donné de bons conseils.»

Et cette collaboration se poursuit. «Aujourd’hui, souligne-t-il, j’ai un coach des affaires. Les gens disent que je suis rendu plus loin, que je dois être capable d’avancer sans mentor. Or, c’est encore pire qu’à mes débuts. Des angles morts, j’en ai encore plus parce que mon entreprise change. Nous sommes rendus sur le marché américain. C’est plus complexe.»

Bien s’entourer concerne aussi les personnes que l’on engage. «C’est une chose de s’entourer de gens qui sont aussi passionnés que vous, dit-il, mais sont-ils prêts à “souffrir” autant que vous? Ont-ils la même énergie que vous pour aller au bout des idées?»

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