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Vie universitaire

Des investissements de plus en plus responsables

L’Université et sa Fondation annoncent une réduction de 42% de l'empreinte carbone de leur portefeuille de titres de participation

Par : Yvon Larose
En deux ans, l’empreinte carbone du portefeuille de l’Université et de sa Fondation est passé de 146 tonnes de dioxyde de carbone par million de dollars investi à 85 tonnes de dioxyde de carbone par million de dollars investi.
En deux ans, l’empreinte carbone du portefeuille de l’Université et de sa Fondation est passé de 146 tonnes de dioxyde de carbone par million de dollars investi à 85 tonnes de dioxyde de carbone par million de dollars investi.

«C’est une bonne nouvelle qui démontre que lorsqu’on essaie d’agir concrètement en faveur du développement durable, on peut avoir un impact significatif.»

Le jeudi 28 octobre, en conférence de presse à l’amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins, la rectrice Sophie D’Amours n’était pas peu fière d’annoncer une importante réduction de 42% de l’empreinte carbone du portefeuille de titres de participation de l’Université et de sa Fondation regroupées aux fins de placement au sein d’une fiducie.

«Ce résultat, a-t-elle ajouté, dépasse largement les attentes, car la cible intermédiaire que nous nous étions fixée en 2019 était de réduire de 30% notre empreinte carbone d’ici 2025. Ce virage que nous avons réussi à prendre à vitesse grand V comme établissement universitaire est nécessaire afin que nous puissions choisir d’investir dans des entreprises ou des domaines d’activité qui génèrent moins de gaz à effet de serre.»

Selon elle, le défi était de taille pour l’Université et sa Fondation afin qu’elles puissent aligner leur portefeuille respectif aux objectifs climatiques. Elle a rappelé qu’en 2019, les deux partenaires s’engageaient dans une direction qui restait à définir et que les deux conseils d’administration devaient reconnaître la valeur d’une stratégie nouvelle en investissement responsable.

«La stratégie de miser sur l’empreinte carbone était audacieuse, mais aujourd’hui on constate qu’elle porte fruit, a précisé la rectrice. Les membres de notre communauté universitaire et nos donateurs peuvent être assurés que l’argent qui nous a été confié est investi dans des fonds qui concordent avec nos valeurs de développement durable.»

À l’aube de la 26e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP26), la rectrice a indiqué que l’Université Laval est signataire, avec 733 autres investisseurs représentant collectivement plus de 52 000 milliards de dollars, du 2021 Global Investor Statement to Governments on the Climate Crisis. À titre d’acteurs économiques d’importance, les grands investisseurs possèdent un pouvoir d’influence manifeste. Cette déclaration commune interpelle les gouvernements du monde entier à rehausser leurs ambitions climatiques.

«Cette déclaration, a-t-elle expliqué, démontre de façon tangible que des investisseurs importants du monde entier sont prêts à placer leurs billes dans des pays qui adoptent des politiques environnementales fortes, et que les pays qui tardent à le faire pourraient passer à côté de milliards de dollars d’investissements. Cette déclaration représente un puissant signal pour que des mécanismes robustes soient adoptés lors de la COP26.»

La rectrice a rappelé que l’Université Laval a souvent ouvert la voie en matière de développement durable et fait figure de chef de file parce qu’elle a osé se remettre en question et renouveler ses pratiques.

«Notre objectif, a-t-elle dit, est d’inspirer d’autres organisations à agir. Si nous avons été en mesure d’obtenir ces résultats rapides en investissement responsable, d’autres peuvent le faire. On n’annonce pas aujourd’hui une cible, une stratégie, on annonce des résultats. D’ailleurs, nous organiserons une classe de maître pour permettre au plus grand nombre de comprendre ce que nous avons appris à faire en investissement responsable, comment on le fait et comment on peut avancer. Nous avons démontré que notre stratégie fonctionne. Choisir d’investir dans la transition écologique, c’est porteur.»

Selon elle, il faut réduire davantage l’empreinte carbone du portefeuille d’investissements de l’Université et de sa Fondation. «C’est le temps, a-t-elle soutenu, d’avoir des cibles plus ambitieuses.»

Tout un exploit

Lors de la conférence de presse, la rectrice était accompagnée notamment du président-directeur général de La Fondation de l’Université Laval, Alain Gilbert, et du vice-recteur à l’administration, André Darveau. Selon ce dernier, la réduction de 42% de l’empreinte carbone constitue «tout un exploit dont on peut être très fiers collectivement». «Je pense que nous devons et nous pouvons aller plus loin, a-t-il ajouté. Une prochaine étape pourrait être l’atteinte d’un portefeuille zéro émission nette. Nous allons certainement étudier cette possibilité. Quant à notre prochaine cible, elle sera ambitieuse et sera connue dans les prochains mois.»

En deux ans, l’empreinte carbone du portefeuille de l’Université et de sa Fondation est passée de 146 tonnes de CO2 par million de dollars investi à 85 tonnes de CO2 par million de dollars investi. «C’est vraiment une baisse considérable, a-t-il affirmé. De récentes décisions supplémentaires vont permettre de consolider cette performance, voire de la surpasser.»

Selon le vice-recteur, l’approche d’empreinte carbone choisie il y a deux ans est «rigoureuse, logique et scientifique». «Cette approche, a-t-il poursuivi, considère l’impact de tous les secteurs économiques et quantifie les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des investissements. La stratégie que nous avons adoptée permet d’avoir une vision globale de la problématique de ces gaz au lieu de se limiter à désinvestir les secteurs liés aux énergies fossiles.»

André Darveau a tenu à souligner le dynamisme des associations étudiantes dans ce dossier. «Notre communauté étudiante, a-t-il dit, est fortement engagée dans la lutte contre les changements climatiques. Ces associations motivent notre université à se dépasser pour répondre à leurs aspirations.»

Le vice-recteur a également annoncé quelques avancées en matière d’investissement responsable.

Le Carbon Underground 200 réunit les 100 entreprises publiques détenant les plus importantes réserves de pétrole et de gaz naturel, combinées aux 100 entreprises publiques détenant les plus importantes réserves de charbon. «Depuis le 31 août dernier, a-t-il indiqué, nous n’avons plus d’investissement dans les compagnies faisant partie de cette liste.»

La fiducie qui regroupe les investissements de l’Université et de sa Fondation adhère à quatre importants réseaux d’investisseurs responsables, dont le Climate Action 100+ depuis 2021. «Ce regroupement, a-t-il expliqué, fait pression auprès des 160 plus importants émetteurs de gaz à effet de serre du secteur privé, notamment en introduisant des résolutions lors des assemblées d’actionnaires.»

Cette fiducie a fait, pour une première fois en 2021, une déclaration annuelle dans le cadre des Principes pour l’investissement responsable de l’ONU.

Enfin, l’Université Laval est signataire de la Charte des universités canadiennes pour des placements écoresponsables à l’heure des changements climatiques. Il s’agit d’une initiative collaborative de 15 universités canadiennes en matière d'investissement responsable.

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