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Pandémie: les bonnes habitudes alimentaires se sont maintenues

Les personnes qui s'alimentaient bien avant le début du confinement n'ont pas cherché refuge dans la malbouffe

Par : Jean Hamann

Une étude réalisée par une équipe de l'Université Laval montre que les Québécois qui étaient soucieux de leur alimentation avant le début du confinement n'ont pas perdu leurs bonnes habitudes dans les mois subséquents. La qualité de leur alimentation se serait même légèrement améliorée, rapportent les chercheurs dans un article publié par The American Journal of Clinical Nutrition.

Le professeur Lamarche et ses collaborateurs arrivent à ce constat après avoir analysé l'alimentation de 853 personnes dans les mois qui ont précédé mars 2020 et entre le 15 avril et le 12 mai. «À ma connaissance, il s'agit de la première étude qui compare l'alimentation des mêmes personnes avant et après le début du confinement, signale Benoît Lamarche. Nous avons pu faire cette comparaison grâce au projet NutriQuébec, une étude qui suit l'évolution des habitudes de vie et de la santé de la population québécoise.»

Les participants inscrits à NutriQuébec doivent remplir périodiquement des questionnaires en ligne, notamment des questionnaires de rappel alimentaire qui permettent d'établir le type et la quantité d'aliments et de boissons consommés au cours des 24 heures précédentes. Ces données ont servi à calculer un indice de qualité de leur alimentation, qui repose sur la qualité globale de leurs choix alimentaires par rapport aux recommandations gouvernementales.

Voici les faits saillants de l'étude:

  • L'indice de la qualité de l'alimentation des répondants s'établissait à 69% avant le confinement et il a grimpé à 70% au printemps. «Il s'agit d'un score relativement élevé qui s'explique par le fait que notre échantillon est composé de gens qui ont un intérêt marqué pour l'alimentation», souligne le professeur Lamarche.
  • Cette légère augmentation résulte de la combinaison de petites hausses du côté des produits céréaliers de grains entiers, des légumineuses, des légumes, des poissons et fruits de mer, des produits laitiers, des protéines végétales et des protéines totales, et d'une baisse de la consommation de sucre et de produits céréaliers faits de farine raffinée.
  • L'indice de qualité de l'alimentation sur 100 points a connu une hausse plus forte chez les gens atteints d'obésité (3,8 points), chez les 18-29 ans (3,6 points) et chez les gens ayant un niveau de scolarité moins élevé (1,9 point). «Ces personnes avaient peut-être de moins bonnes habitudes alimentaires au départ, ce qui laissait plus de place à l'amélioration. Il se peut qu'elles aient profité du confinement pour apporter des changements à leur alimentation», avance le chercheur. Sur le plan négatif, les chercheurs ont constaté que les répondants mangeaient moins de fruits et plus de sel.
  • Le pourcentage des repas pris à l'extérieur de la maison est passé de 21% à 4%.

    «Le fait de manger davantage à la maison peut expliquer en partie la légère augmentation de la qualité de l'alimentation que nous avons observée, souligne Benoît Lamarche. Des études ont déjà montré que manger fréquemment au resto était associé à une consommation accrue de calories et d'aliments de faible qualité nutritionnelle. Par contre, manger plus souvent à la maison ne signifie pas forcément cuisiner davantage. Les gens peuvent consommer des prêts-à-manger dont la qualité nutritionnelle n'est pas optimale.»

« Il se peut que la pandémie ait creusé l'écart qui sépare certains sous-groupes de la population au chapitre de la qualité de l'alimentation. »
Benoît Lamarche

Les conclusions de cette étude tranchent avec celles de sondages qui suggéraient qu'une proportion importante de la population québécoise estimait s'être moins bien alimentée en début de confinement. «Il se peut que la pandémie ait creusé l'écart qui sépare certains sous-groupes de la population au chapitre de la qualité de l'alimentation, avance le professeur Lamarche. Au cours des prochains mois, NutriQuébec intensifiera ses efforts pour recruter des participants de toute provenance, ce qui permettra d'avoir un portrait plus juste de la situation dans l'ensemble de la population québécoise. Les personnes intéressées à participer à ce projet de recherche n'ont qu'à se rendre sur le site www.nutriquebec.com

L'étude parue dans The American Journal of Clinical Nutrition est signée par Benoît Lamarche, Didier Brassard, Annie Lapointe, Catherine Laramée, Michèle Kearney, Mélina Côté, Ariane Bélanger-Gravel, Sophie Desroches, Simone Lemieux et Céline Plante. Ces chercheurs sont rattachés au Centre nutrition, santé et société, à l'Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels, à l'École de nutrition, au Département d'information et de communication, à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec et à l'Institut national de santé publique du Québec.

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